J'ai lu avec intérêt l'édito de Denis Saverot dans la Revue des vins de France de cette semaine. Le point de vue est intéressant car il met en relation 2 substances qui nous permettent de survivre dans une société de plus en plus rigide : le vin et les tranquillisants. Je comprends un peu le point de vue de Denis qui annonce :
Depuis 1960, la consommation de vin a été divisée par plus de deux dans notre pays. Or, au cours de la même période, les ventes de tranquillisants ont bondi de zéro à plus de 60 millions de boîtes par an. C’est un fait, la France officielle a tourné le dos à son vin, le plus subtil, le plus civilisé des anxiolytiques, celui que le monde entier nous envie, pour gorger son peuple d’antidépresseurs. Avec quel succès ! Plus ils en ingurgitent, plus nos concitoyens sombrent dans la morosité et le pessimisme, comme l’a souligné un récent sondage international. Extrait de l'édito à lire dans son contexte ici
Mais je pense utile de prendre de la distance en revenant à Henri Laborit qui disait (extrait d'un entretien avec Jean d'Ormesson on dirait dans les années 70) :
Je pense que la pharmacologie à laquelle j'ai contribué c'est vrai, bon, à retardé la contribution parce que au lieu de changer la société elle se reconduit, le monsieur qui ne peut plus supporter son boulot, son chef de chantier, ses roulements à billes, etc va trouver le médecin et on s'étonne pourquoi ce sont les couches défavorisées d'une nation qui utilise le plus la sécurité sociale car c'est elle, ce sont ces couches là qui sont le plus en inhibition de l'action alors elles vont trouver le médecin, "docteur je ne peux plus dormir..." il leur fout quelques drogues et le lundi matin on voit le gars refaire ses mouvements à billes, on ne change rien.
Je ne crois pas au final que Denis Saverot voulait vraiment dire que l'avenir du vin était de remplacer les anxiolytiques même si on y arrive finalement dans son parallèle un peu bizarre. Non le vin doit être un plaisir, une manière de nous épanouir, d'entrer en contact avec la nature avec la part de divin en nous.
Les anxyolitiques quelsqu'ils soient (pilules, alcools, massmédias) peuvent être contournés en faisant appel à notre sens créatif et notre capacité à lutter !
D'ailleurs le milieu du vin bouge : une créativité qui a lieu dans les terres avec de nouvelles méthodes culturales (la biodynamie en tête), dans la refonte de la notion de terroir hors des contingences et restrictions des AOC, dans les nouveaux systèmes de distribution...et même la communication comme le montre ce vin réalisé par Pascal Simonutti et que l'on trouve dans toutes les bonnes caves !
Allez courage Denis, montre nous avec la RVF que le vin peut être créatif, enjoué, en un mot différent !!
Salut Ludo,
Comment vas-tu ? J'ai lu ton article avec intérêt. Je pense que Denis voulait dire que le vin apportait joie au coeur, et pouvait panser les petites plaies d'un quotidien parfois morose.
Il est vrai que notre peuple a tourné le dos à son vin. 80 % des vins achetés sont des bibines infâmes, achetées en grandes surfaces avides de marges et de bénéfices, achetées à coups de pression auprès de courtiers tout aussi avides eux aussi. Si bien que dans la pub de mon magasin reçue dans ma boîte aux lettres, un Bordeaux supérieur est vendu 1.60 €, sans compter les avantages de la carte de fidélité que le vigneron paiera aussi.
Alors ? Tout est à dire, tout est à refaire... La personne dit que la société se reconduit, je pense plutôt comme Ruyard Kipling qui disait : "tout recommencer, mais depuis le commencement"... A méditer. Bonne journée mon Ludo.
Rédigé par : Patrick Maclart | lundi 14 mar 2011 à 09h51
Bonjour Pat,
Merci pour ton commentaire ! tout recommencer, mais depuis le commencement. ça ressemble rudement à une définition pour les vins natures :))
A bientôt
Ludo
Rédigé par : ludovic ROIF | lundi 21 mar 2011 à 23h16