J'ai embrassé un Ginkgo Biloba à Toulouse #portebonheur http://fr.wikipedia.org/wiki/Ginkgo_biloba
On peut sans doute jouer, mixer, assembler les concepts comme des partitions musicales, créer des services, comme on crée un morceau de rock, dessiner une stratégie comme Picasso dessinait un tableau. Ces proximités peuvent permettre de libérer les énergies créatrices et les contraintes seront celles que l'on déterminera.
J'ai consacré le week-end dernier à la visite du salon Euro Gusto organisé par Slowfood. Une visite passionnante grâce à la rencontre de nombreuses personnes engagées sur l'avenir de l'alimentation, chacun à sa manière.
Je prends le temps d'écrire ici pour remercier ces personnes qui nous amènent à goûter, manger, acheter et penser différemment.
Tout d'abord je remercie Hippolyte Courty, fondateur de L'Arbreàcafé (L'arbre à café), pour les merveilleuses dégustations de cafés de terroir en biodynamie ainsi que les cacaos 100% sans additifs ni sucres. Une véritable fracture de goût qui va rendre difficile la dégustation de cafés et chocolat habituels. Ces dégustations où le sucre n'est quasiment jamais appelé à participer (ou en quantités très réduites) montre combien celui-ci est un additif le plus souvent inutile voire néfaste à la dégustation, servant le plus souvent de cache-misère.
Je remercie aussi Frédéric Gana, impliqué dans l'organisation de Slowfood France, collaborateur de la société Navoti, à l'origine de "Chemin faisant", parce qu'il m'a hébergé dans sa chambre d'hôtel alors que j'envisageais de rentrer sur Paris par manque de lit autour du salon ! Mais également car il m'a permis de retrouver des amis de Slowfood comme Jacques Gillieron (slowfood volca'niac) et de faire la connaissance de Rachel et Antoine.
Je remercie donc également Rachel et Antoine pour le temps passé à parler de leur aventure ( Geb-Nou), leur philosophie et à faire goûter les produits issues de la nature auvergnate.
Enfin j'ai apprécié de revoir Agnès Poujol-Hardy, fondatrice du site Le Goût est dans le pré, un site de commerce électronique dédiée à des produits spécialisée dans l'éco-gastronomie et qui s'ingénie à faire de ce site une ressource d'information sur les méthodes de ses producteurs.
Merci enfin à tous les organisateurs du salon. Je pense à Lucia et Eugénio en particulier que je n'ai pas pu voir pour la première ou très peu pour le second !
Voici un enregistrement de Carlo Pétrini dans lequel il donne une belle définition de la gastronomie. J'ai repris sa définition que l'on pourra entendre dans sa vidéo qui évoque plus largement notre système industriel alimentaire et le rôle que Slowfood et Terra Madre peuvent jouer.
"La gastronomie est un concept complexe et multidisciplinaire. Aujourd’hui, (dans les médias) la gastronomie, c’est des recettes de cuisine dans chaque pays du monde. Ils (les médias) parlent de recettes, font des photos de recette comme des cadavres. Tout le monde parle de recettes. Ils ne parlent pas de la dignité du monde rural, de payer justement les paysans, de la destruction de l’agriculture. La gastronomie est une vision holistique : la chimie, la physique, l’agronomie, la zootechnie, la biologie, la génétique (OGM), et si nous voulons parler du côté humaniste c’est aussi l’histoire, l’anthropologie, l’écologie, l’économie, l’économie politique. Cette idée complexe et multidisciplinaire de la gastronomie n’est pas une idée de Slowfood ou de Carlo Pétrini, c’est une idée de Brillat-Savarin. Nous devons reconstruire cette vision complexe de la gastronomie»
Carlo Pétrini, Fondateur de Slowfood
Se concentrer sur la notion de territoire et ses symboliques exprimées dans le vocable terroir commence à m'arrêter sur certains textes. Toute la question du terroir concerne notre perception d'un territoire. Nous décidons de figer sa symbolique définitivement, le transformer en cliché. Marc Richir, dans un entretien à Philosophie magazine, dont je reprends un extrait ci-dessous, nous rappelle combien cette symbolique est en fait mouvante en nous et explique comment revenir à une vision "sauvage" source de nouvelles interprétations. J'y vois un signe sur le système des AOC et autres IGP, des symboliques institutionnalisées qui, si elles partent d'un bon sentiment de protection, étouffe en même temps le territoire en imposant une seule interprétation. A méditer.
Husserl a été celui avec lequel je n'ai cessé de penser. Il propose la méthode la plus radicale pour reprendre à la racine la question de notre rapport au monde. Cette démarche s'appuie sur ce qu'il appelle la réduction, le suspend (en grec épokhè). Il s'agit de « mettre hors circuit » la positivité des choses, mais aussi de moi-même qui les perçoit, les pense ou les imagine, afin de redécouvrir la manière dont ma conscience les vise – et ce, indépendamment de la question de savoir si ces choses et moi-même existons réellement. Or ce lien entre ma pensée et l'objet, ce que Husserl appelle la visée intentionnelle, ne se trouve ni dans ma tête ni dans l'objet, il n'est nulle part dans l'espace. Ainsi, par exemple, quand j'écoute une mélodie, la musique, distincte des sons, n'est ni dans l'espace physique, ni dans ma tête, parce qu'il ne suffit pas que je vise les sons pour l'entendre comme musique. Ou encore lorsque je perçois un champ de lavande au cours d'une promenade, cette perception ne se trouve ni dans l'objet – le champ de lavande –, ni dans ma tête. Elle n'est nulle part dans l'espace. Ce nulle part, ce « rien que phénomène », me hante.
Pourtant, le champ de lavande s'imprime en moi de manière directe et évidente, j'ai le sentiment de percevoir directement sa forme, sa couleur, son odeur même…
Mais le champ de lavande, circonscrit dans ses limites, sa couleur et sa forme, c'est une carte postale, c'est le cliché du champ de lavande, et non pas celui que je perçois quand je me promène. Ce champ, je ne le perçois jamais que d'un point de vue, en esquisses et en mouvement, avec le vent qui le rend ondoyant, la lumière et la chaleur qui font vibrer ses couleurs au fil des heures… Toute vision panoramique est abstraite et inhumaine. On est alors dans le voir et non dans le regarder. Ce qui compte, c'est l'inscription de ma « chair » en mouvement dans l'espace, mon affectivité, la façon dont le regard erre, rebondit, repart, se perd, se réengendre… Là, il y a expérience non pas de tel ou tel champ de lavande – ce qui est déjà une abstraction –, mais d'un paysage. Là, le phénomène n'est pas encore transformé en cliché, mais se perçoit de façon mouvante, voire archaïque. En revenant au phénomène à l'état sauvage, je suis incité à laisser affleurer ce qui m'émeut, m'affecte, me mobilise dans cette perception. Tout se passe comme si l'ouverture du paysage était simultanément l'ouverture à l'énigme que je suis pour moi-même.
L'agence de design Pulp, après avoir travaillé sur le nouveau positionnement de la marque de biscuits St Michel autour de la naturalité, a été reconduite par l'enseigne pour imaginer l'identité visuelle de ses nouveaux biscuits Cocottes, dont les ingrédients sont respectueux des bonnes pratiques agricoles, d'origine française ou issus du commerce équitable. Pulp a misé sur la simplicité et le savoir-faire de la biscuiterie en soulignant les textures et les formes brutes des produits et des ingrédients, ainsi qu'avec le traité du kraft pour le pack.
Sur le site internet de la marque St Michel on peut lire :
"Les Cocottes, comme tous les produits St Michel, sont fabriquées en France, sans colorant ni conservateur, sans matière grasse hydrogénée ni huile de Palme.
Des ingrédients qui viennent de chez nous:
* Farine de blé CRC des pays de la Loire et Poitou-Charentes
* Beurre Frais de Normandie
* Oeufs fermiers de Loué
* Sel de Guérande
* Huile de Colza, Graines de Tournesol et Sucre de Betterave 100% français
Et un peu d’exotisme avec le chocolat noir d’Equateur Commerce équitable et les graines de Sésame d’Inde"
Le packaging entre en relation avec la qualité des produits sur un aspect terroir mais pas de label. Le terroir est privilégié au détriment de label type bio...etc. J'aimerais connaître la raison de ce choix de positionnement marketing...
J'ai lu avec intérêt l'édito de Denis Saverot dans la Revue des vins de France de cette semaine. Le point de vue est intéressant car il met en relation 2 substances qui nous permettent de survivre dans une société de plus en plus rigide : le vin et les tranquillisants. Je comprends un peu le point de vue de Denis qui annonce :
Depuis 1960, la consommation de vin a été divisée par plus de deux dans notre pays. Or, au cours de la même période, les ventes de tranquillisants ont bondi de zéro à plus de 60 millions de boîtes par an. C’est un fait, la France officielle a tourné le dos à son vin, le plus subtil, le plus civilisé des anxiolytiques, celui que le monde entier nous envie, pour gorger son peuple d’antidépresseurs. Avec quel succès ! Plus ils en ingurgitent, plus nos concitoyens sombrent dans la morosité et le pessimisme, comme l’a souligné un récent sondage international. Extrait de l'édito à lire dans son contexte ici
Mais je pense utile de prendre de la distance en revenant à Henri Laborit qui disait (extrait d'un entretien avec Jean d'Ormesson on dirait dans les années 70) :
Je pense que la pharmacologie à laquelle j'ai contribué c'est vrai, bon, à retardé la contribution parce que au lieu de changer la société elle se reconduit, le monsieur qui ne peut plus supporter son boulot, son chef de chantier, ses roulements à billes, etc va trouver le médecin et on s'étonne pourquoi ce sont les couches défavorisées d'une nation qui utilise le plus la sécurité sociale car c'est elle, ce sont ces couches là qui sont le plus en inhibition de l'action alors elles vont trouver le médecin, "docteur je ne peux plus dormir..." il leur fout quelques drogues et le lundi matin on voit le gars refaire ses mouvements à billes, on ne change rien.
Je ne crois pas au final que Denis Saverot voulait vraiment dire que l'avenir du vin était de remplacer les anxiolytiques même si on y arrive finalement dans son parallèle un peu bizarre. Non le vin doit être un plaisir, une manière de nous épanouir, d'entrer en contact avec la nature avec la part de divin en nous.
Les anxyolitiques quelsqu'ils soient (pilules, alcools, massmédias) peuvent être contournés en faisant appel à notre sens créatif et notre capacité à lutter !
D'ailleurs le milieu du vin bouge : une créativité qui a lieu dans les terres avec de nouvelles méthodes culturales (la biodynamie en tête), dans la refonte de la notion de terroir hors des contingences et restrictions des AOC, dans les nouveaux systèmes de distribution...et même la communication comme le montre ce vin réalisé par Pascal Simonutti et que l'on trouve dans toutes les bonnes caves !
Allez courage Denis, montre nous avec la RVF que le vin peut être créatif, enjoué, en un mot différent !!
Balade dans les lotissements.
Des routes qui vont nulle part. Des clôtures entourent chaque maisonnette, des petites lumières jaunes clignotantes signalent l'ouverture des portails individuels automatisés.
Le lotissement grandit. De nouvelles constructions sortent de terre.
Les enfants jouent sur les buttes, beaucoup d'hommes "bricolent" en survêtement tandis que des femmes présentent l'avancée des travaux aux amis.
Un dimanche comme un autre.
Au loin la forêt recule à mesure que le lotissement avance.
Je me souviens lors d'un voyage en Egypte d'un commerçant qui me sollicitait pour rentrer dans son echoppe. Devant ses demandes pressantes, je refusais pretextant qu’il ne me restait que l’équivalent de qq centimes d’euros. Mais lui insistait et fini par me convaincre de rentrer...et au bout de 30 mn de propositions d’échanges, de négociations je ne sortais pas avec un mais avec 2 marques-pages...
30 mn de palabres pour en arriver à ressortir avec 2 marques-pages, j'en ai déduis qu'il ne faisait certainement pas ça pour gagner de l'argent au sens qu'il n'était pas très rentable de passer 30 mn avec quelqu'un pour vendre 2 marques-pages (je pense à mes cours à l'école de commerce) mais qu'il valorisait surtout la rencontre, l'échange avant tout.
J'en suis même venu à me dire que tout l'objectif de son commerce était d'abord de faire des rencontres et ensuite seulement de gagner sa vie. Pas gagner sa vie à la perdre mais donc gagner sa vie à rencontrer l'autre pour mieux se connaître, mieux s'accepter, mieux se découvrir.
Il ne faut certainement pas oublier que le commerce c'est avant tout de l'échange d'amour, de la rencontre. A méditer pour tous les commerçants qui sont ou se lancent dans le commerce électronique. C'est sans doute important d'optimiser l'acte d'achat mais il est indispensable de soigner également la relation-client.
Merci à Simon Lieschke et à cette image ou est indiqué : "Question cost nothing, mistake cost time & money" .
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